Roberto Bolaño : Una novelita lumpen [Un petit roman lumpen]
« À présent, je suis une mère et aussi une femme mariée, mais il n’y a pas longtemps j’ai été une délinquante. » Voilà comment débute ce récit, dont la narration est assurée par Bianca. Elle revient sur son adolescence, et spécialement sur les mois qui ont suivi la mort prématurée de ses parents dans un accident de voiture. Après avoir emménagé avec son frère dans le domicile parental, situé dans la banlieue de Rome, elle sombre progressivement. La fratrie se délite. Ils quittent tous deux l’école. Bianca devient shampouineuse dans un salon de coiffure, tandis que son frère se met à travailler dans une salle de sport. Là, il rencontre deux hommes plus âgés (le Lybien et le Bolognais), qui emménagent avec eux et regardent des pornos le soir sur la télé du salon. Le malaise monte encore d’un cran lorsqu’apparaît le personnage de Maciste, un mystérieux malfrat dont Bianca devient une sorte d’esclave sexuelle. Tout ça est très lumpen, mais aussi brutalement poétique. Dernier texte publié du vivant de Bolaño, Un petit roman lumpen se lit en une poignée d’heures mais dépose en nous des scènes inoubliables.
Alexis Alvarez Barbosa
HEC UER Langues - Espagnol
Roberto Bolaño, Una novelita lumpen, Debolsillo, 2017, 96 p.
Roberto Bolaño, Un petit roman lumpen, Trad (espagnol) Robert Amutio, Points, 2025, 112p.
