Alfred Döblin : Berlin Alexanderplatz
Berlin, Alexanderplatz. Pourquoi pas la Brunnenstraße? Et l'Elsasser Straße? La putain Babylone avec ses sept têtes, ses dix couronnes, celle qui se saoule du sang des saints, celle dont la bête immonde ronfle bruyamment sur les bords de la Spree - oui la Spree - devait jeter un de ses 31 yeux sur le pauvre Alfred - oui Alfred Döblin - celui-là, lorsqu'il donna ce titre Berlin Alexander Platz à son roman qui aurait pu s'appeler Franz Biberkopf ou encore Reinhold ou encore Mieze ou les trois ensemble - Franz, Reinhold, Mieze. Mais ca aurait été trop long.
Franz, un maquereau qui veut être honnête. Reinhold un maquereau, qui, lui, de l'honnêteté s'en fout. Mieze la pute bien gentille amoureuse de son homme mais qui ne refuse pas une petite sauterie quand il s'agit de savoir la vérité. La vérité, y a-t-il une vérité ? Une vérité dans cette histoire. Mon oeil, oui. Bien que comme chez Vian "tout soit vrai puisque je l'ai écrit" dit dans une citation de mémoire. Merde, purée, Berlin Alexanderplatz, il faut que j'y retourne voir si j'ai tout compris. M'enfoncer dans les petites et les grandes rues de la métropole, comme Napoléon avec 100 musiciens, boum, vroum, badaboum, baoum, ce faucheur, c'est la mort...
À quoi compararer cette somme monumentale? Peut-être Voyage au bout de la nuit, peut-être l'Écume des jours, bien que Un certain Plume ne soit pas mal non plus. Une lecture obligatoire ? Oui évidemment.
Vincent Brems
Écrivain, Alumni Faculté de Philosophie et Lettres
Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz, Trad (allemand) Olivier Le Lay, Folio, 2010, 627 p.
