Gabriel García Márquez, Mémoire de mes putains tristes


Garcia MArquez

Paru en 2004 et traduit en français l’année suivante, Mémoire de mes putains tristes n’est pas l’œuvre principale du prix Nobel de littérature colombien Gabriel García Márquez, plus connu pour Pas de lettre pour le colonel ou Cent ans de solitude. Mais dès l’abord, le roman frappe : « L'année de mes quatre-vingt-dix ans, j'ai voulu m'offrir une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d'une maison close qui avait l'habitude de prévenir ses bons clients lorsqu'elle avait une nouveauté disponible. Je n'avais jamais succombé à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, et moins encore à celle-là, mais elle ne croyait pas à mes principes. La morale est aussi une affaire de temps, disait-elle avec un sourire malicieux, tu verras. »

Alors qu’on s’attend au malaise, le ton bourru et les anecdotes crues des premiers chapitres s’attendrissent tandis que les rencontres platoniques entre le narrateur et la jeune adolescente de 14 ans qu’il surnomme « Delgadina » s’enchainent. Le vieillard qui se targuait de n’avoir jamais fait l’amour à une femme sans la payer tombe éperdument amoureux, et connaît pour la première fois la jalousie, l’inquiétude et la joie que génère la passion. Mémoire de mes putains tristes est l’histoire enthousiaste d’une renaissance tardive, sur fond de classiques littéraires et musicaux.

Nicolas Licata
Langues et littératures espagnoles et hispano-américaines

 

Gabriel García Márquez, Mémoire de mes putains tristes, Traduit de l’espagnol par Annie Morvan, Livre de Poche, 2006, 157 p.

 

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