Célia Samba : La rue qui nous sépare
Tout en fouillant dans notre bibliothèque, je suis tombé sur La rue qui nous sépare, un roman que j’avais acheté quelques années plus tôt pour Madame. Je me revois encore traîner dans les rayons, prendre plaisir à choisir des livres, un peu au hasard, juste parce que la couverture ou le résumé me soufflait : « Tiens, ça pourrait lui plaire. »
Le résumé justement, relu sur le quatrième de couverture, m’avait d’abord fait sourire à l’époque : « Noémia est étudiante, Tristan est sans-abri… » Et je me rappelle m’être dit, avec une pointe d’ironie : « Après les amours impossibles avec des vampires, des zombies ou des bad boys torturés en nuance de gris, pourquoi pas avec un SDF ? »
C’est vrai que c’est sensible, presque tabou comme sujet pour une romance. Et finalement, c’est ce qui m’a donné envie de choisir ce roman
Celui-ci se glisse sans surprise dans un style de romance ado, avec ce côté accessible qui pourrait laisser parfois un petit goût de trop peu. Mais il a le mérite de toucher juste : il invite à poser un autre regard sur ceux qui vivent dans la rue, à questionner nos jugements parfois un peu trop rapides.
Quant à la romance entre Noémia et Tristan, j’ai souvent deviné la direction qu’elle prenait… et j’ai eu tort plus d’une fois. Pas de grands renversements pour autant, mais juste assez pour maintenir mon intérêt. Ce qui m’aura également marqué, c’est cette narration qui s’élargit peu à peu : d’abord dans la tête de Mia, puis Tristan, puis d’autres voix qui viennent enrichir l’histoire. Une idée simple, mais qui fonctionne plutôt bien.
Et puis, il y a cette fin… ou plutôt ces fins possibles ? Je nous en dit pas plus.
Pierre Martin
CARE numérique
Célia Samba, La rue qui nous sépare, Livre de poche Jeunesse, 2023, 400 p.
