Lombardero

Le soleil a foutu le camp, et les nuages qui s’accrochent aux cheminées donnent à la ville son teint gris chagrin. Dans le bus 42, qui fonce dans le petit matin mille fois répété, les regards se croisent. Assise au fond, une fille comme une fleur dans un champ d’orties, comme une lueur dans la nuit. Du blanc plein les vêtements, du bleu plein les yeux… Pourquoi, après un simple regard furtif, ressent-il, quand elle en descend, ce besoin pressant de la suivre, fonçant dans la foule ?

Roberto Lombardero nous  entraîne irrémédiablement dans cette course désespérée contre le temps, à travers un monde d’ombres et de lumières…

Le style, simple et efficace, n’a rien à envier aux « grands » auteurs. La narration non plus, avec son suspense nourri aux étrangetés du quotidien. Et pourtant – comme beaucoup d’auteurs de cette collection – celui-ci pourrait être classé dans les « amateurs ». Traducteur et professeur d’espagnol, il n’était pas particulièrement prédestiné à la fiction.

Ce mini livre (14cm x 10, pour 34 petites pages) vous tiendra agréablement en haleine 20 ou 30 minutes.

C’est le 139° publié par Lamiroy dans la collection des bien nommés « Opuscules » qu’il a imaginée il y a trois ans. J’aurais pu vous parler de divers autres, pour les avoir tous lus et en avoir même écrit (la modestie m’interdisant de les citer).

On peut en effet s’abonner pour recevoir chaque semaine sa petite surprise : un auteur souvent inconnu mais toujours talentueux, une petite ration de lecture facile à intégrer même dans un horaire chargé.

Pierre Graas
Écrivain, Alumni Faculté de Droit

Roberto Lombardero, Ombres et lumières, Lamiroy, Coll. Opuscules, n°139, 2020, 34 p.

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