Peter Beinart, Being Jewish After the Destruction of Gaza [Être juif après la destruction de Gaza]
C’est qu’il y en a, des chercheurs, historiens, sociologues, philosophes juifs, qui ont écrit et publié des ouvrages mettant en cause les crimes génocidaires ordonnés par le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Seraient-ils donc anti-sémites ?
Beinart nous livre un témoignage torturé, d’une grande finesse, et remarquablement traduit.
Il constate l’évidence : comment une population humiliée, expulsée, massacrée (depuis presque 80 ans) pourrait-elle ne pas nourrir de rancune envers le groupe qui l’opprime ? L’auteur a grandi en Afrique du Sud et il trace un parallèle éclairant entre la grande peur des Afrikaners face à la possibilité que les Noirs accèdent au pouvoir et la conviction des Juifs israéliens que les Palestiniens veulent leur extermination. L’exemple sud-africain (par ailleurs pas concluant quant à la lutte contre la corruption et contre la pauvreté) montre combien ces peurs étaient vaines. Il met aussi en cause la nouvelle définition de l’anti-sémitisme, qui inclurait toute critique de la politique du gouvernement israélien et dénonce l’attitude qui consiste à croire que parce que l’on appartient au « peuple élu » tout vous est permis.
Christine Pagnoulle
Langue anglaise : linguistique, littérature et traduction
Peter Beinart, Being Jewish After the Destruction of Gaza, Atlantic Books, 2026, 192p.
Peter Beinart, Être juif après la destruction de Gaza. Un moment de vérité, Trad. (anglais) Vincent Engels, Asmodée Edern, 2025, 228 p.
