Françoise Lison-Leroy : Haute transhumance


Lison-Leroy2026

© éditions Esperluète

Françoise Lison-Leroy publie chez Esperluète ce beau recueil, Haute transhumance. Des textes brefs – rarement plus de cinquante mots – dont tous les termes sont pesés, posés, sans rien jamais qui alourdisse l’élan de la plume :

Cerné de saules, le vieil étang s’épuise. Quelqu’un a trop bu le même jour, un troupeau, sans doute, ou une nichée de ragondins, nouvelle venue au grand monde du bas.

La terre décrite est intimement connue, la terre d’enfance où depuis des générations s’ancre une lignée. Mais la terre n’appartient pas à ses occupants actuels par une sorte de droit dynastique. Non, ils marchent à la surface du même monde, ceux-là qui cherchent un chemin :

On déplie une carte routière, on allume un écran. Est-ce à nous qu’ils font signe, ces évadés nocturnes que personne n’attend ? Ont-ils décelé une présence inouïe, la nôtre, cet ici-haut qui nous sert de repaire ? Bien plus doués, c’est sûr. La transhumance est le dixième sens des peuples.

L’autrice les a vus passer, nous le sentons. Elle a dû sourire en les voyant, guidés par une petite fille à lunettes qui revient dans ces pages comme un refrain :

Un chant par cœur, celui d’une petite fille à lunettes précédant tout un peuple. La mélodie sinue entre nos fièvres. Les roseaux plient sur notre traversée.

NOTRE traversée. Pas seulement la leur. Car quelle différence entre nous qui sommes là, eux qui passent ? Quelle différence, quand nous aussi passons ?

Haute transhumance, haute poésie. Un beau voyage.

Daniel Charneux
Écrivain, Alumni Faculté de Philosophie et Lettres

Françoise Lison-Leroy, Haute transhumance, Estampes de Francesca Scarito, éditions Esperluète, 2026, 72 p.

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modifié le 16/06/2026

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