in memoriam

Décès du Pr Marc Ansseau, psychiatre de renom


In People

Gabrielle Scantamburlo, Cheffe du service de psychiatrie et de psychologie médicale, rend hommage à Marc Ansseau, Professeur ordinaire honoraire à la Faculté de Médecine de l’Université de Liège, décédé le 31 mars 2020.

Diplômé spécialiste en Psychiatrie de la Faculté de Médecine de l’Université de Liège en 1980, Marc Ansseau a travaillé une année à l’Université de Pittsburg chez le Professeur David Kupfer. En 1985, il présente une thèse de doctorat consacré à « l’intérêt de la latence du sommeil paradoxal en tant que marqueur biologique des états dépressifs » et une thèse d’agrégation en 1992 dédiée « l’utilisation diagnostique et thérapeutique des marqueurs biologiques de la dépression ». Sur le plan académique, Marc Ansseau est nommé Chargé de cours en Psychiatrie à l’ULiège en 1995, Professeur en 2003, et son parcours s’est complété par une promotion au rang de Professeur ordinaire en 2005. Marc Ansseau a publié plus de 400 articles de recherche. Plusieurs prix nationaux et internationaux lui ont été attribués pour sa contribution essentielle à l’avancement des connaissances en matière de Psychiatrie biologique et de Psychopharmacologie.

Dès le début de sa spécialisation en Psychiatrie, Marc Ansseau a développé un modèle de l’activité clinique des benzodiazépines selon 5 axes. Elles ont connu une très large diffusion, tant et si bien qu’elles sont rapidement devenues « les étoiles d’Ansseau ». Ce qui fait l’originalité du modèle, c’est qu’elles vont aider le prescripteur dans le choix d’une molécule anxiolytique en lui permettant d’évaluer d’un seul coup d’oeil les propriétés fondamentales d’une benzodiazépine à travers les 5 branches d’une étoile et une graduation de leur intensité sur chaque axe.

À titre didactique les étoiles sont toujours reprises dans les Manuels de Psychiatrie et servent de modèle dans de nombreuses écoles internationales pour analyser d’autres psychotropes, ou illustrer des concepts psychopathologiques. En parallèle, Marc Ansseau se révèle être un pionnier en matière d’information et d’éducation du grand public à une époque où Liège était considérée comme «la capitale mondiale des tranquillisants ». Confronté au problème de consommation d’héroïne dans notre cité ardente (2013), Marc Ansseau a notamment aussi dirigé une étude de la faisabilité et de l’efficacité du traitement par diacéthylmorphine (projet TADAM). Un travail relayé à New-York et difficile à organiser car il soulevait d’importantes questions sur le plan éthique et scientifique.

Au-delà des étoiles, ce qui caractérisait le Professeur Marc Ansseau, c’était son humanité. Chef du Service de Psychiatrie et de Psychologie médicale durant 20 ans, le Professeur Marc Ansseau a insufflé à l’ensemble de son équipe des valeurs, sa bienveillance et offert à chacun la liberté de se réaliser. Homme ou femme. Marc Ansseau avait cette capacité de faire émerger en chacun des réponses aux questions posées.

Sa sagesse, son humour et sa compassion ont aussi produit des cercles d’influences concentriques auprès de ses patients. Sa position de psychiatre lui donnait une vision privilégiée des transmissions silencieuses et paisibles qui se produisent d’un individu à l’autre. En laissant ses interlocuteurs s’exprimer, Marc Ansseau renforçait invariablement chez l’autre son estime de lui-même et sa disposition à se révéler. Sur ses découvertes scientifiques fondamentales se poursuivent les travaux de la nouvelle génération ».

Professeure Gabrielle Scantamburlo

 

À lire aussi

Crédit photo : ULiège © JL Wertz

Share this news