Julien Hervier, Drieu La Rochelle. Une histoire de désamours


Hervier

Depuis la publication de sa thèse en 1978 chez Klincksieck, le germaniste Julien Hervier s’est imposé comme un des plus fins connaisseurs des œuvres conjointes d’Ernst Jünger, dont il fut également le traducteur, et de Drieu la Rochelle. De ce dernier, il fut à maintes reprises le préfacier – dans des collections comme L’imaginaire chez Gallimard (Blèche en 1981) ou auprès de maisons plus confidentielles telle R&N – et le philologue scrupuleux. Ainsi fut-il l’éditeur d’importantes correspondances de Drieu, notamment celle avec Victoria Ocampo chez Bartillat, et surtout du Journal 1939-1945, dont la divulgation provoqua un scandale qui ne lui empêcha cependant pas de voir le jour.

L’on attendait donc du brillant glossateur un essai consistant sur le sujet, et le voici qui paraît dans la Blanche de Gallimard, ceint d’un bandeau où figure un magnifique portrait photographique inédit de Drieu, saisi de trois-quarts, au sommet de son élégance.

Présentée sous forme d’abécédaire, cette synthèse offre un portrait diffracté des multiples facettes, entre centre et absence, passion et mise à distance, de l’auteur du Feu follet. Fournissant de surcroît quelques mises au point bienvenues quant aux relations amicales, amoureuses et littéraires de Drieu, à ses engouements et dépits politiques, à ses admirations, ses dégoûts et ses (dé)plaisirs, Julien Hervier nous confirme que cette figure fut bel et bien la plus complexe, partant la plus fascinante, des lettres françaises de l’entre-deux guerres. 

Frédéric Saenen
ISLV, Langue et littérature française
Chroniqueur littéraire. Spécialiste de Drieu La Rochelle

 

Julien Hervier, Drieu La Rochelle. Une histoire de désamours, Gallimard, Collection « Blanche », 300 p., 21 €.

 

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