Alan Bennett

Un beau jour, la reine d’Angleterre découvre qu’une bibliothèque ambulante s’arrête chaque semaine pendant quelques heures derrière les cuisines du palais royal. Surprise, curieuse et entraînée par ses célèbres corgis, elle monte à bord et, pour ne pas vexer le libraire, repart avec un ouvrage sous le bras.

Il faut dire que même passés les quatre-vingt ans, Elizabeth II n’a jamais eu ni le temps ni le loisir de s’adonner à la lecture – ni à aucun véritable hobby d’ailleurs – et que le monde de la littérature lui est dès lors complètement étranger. C’est avec appréhension qu’elle se plonge dans son premier roman… qui sera le premier d’une longue lignée. À dater de ce jour, en effet, la reine se découvre une passion dévorante pour la lecture et s’éveille intellectuellement, au point de peu à peu trouver son quotidien ennuyeux et délaisser ses importantes obligations étatiques. Le staff qui l’entoure n’a alors plus qu’une idée en tête : mettre fin à cette nouvelle lubie envahissante.

« La Reine des lectrices », farce d’une petite centaine de pages à peine, est à la fois une comédie british mordante, intelligente et pétillante et un véritable hommage à la lecture et à ses bienfaits (ou méfaits, si l’on adopte le point de vue de l’entourage de la reine). En outre, à l’instar de la série Netflix « The Crown », qui relate les années de règne d’Elizabeth II, « La Reine des lectrices » met en lumière ce personnage singulier et, à travers lui, la vie que mènent toutes les personnes investies de grandes responsabilités sans les avoir demandées. Difficile d’imaginer mener une existence si chargée et sous contrôle qu’on n’a jamais l’occasion de s’asseoir avec un bon bouquin au coin du feu…

À lire en anglais sous le titre « The Uncommon Reader » pour encore plus de plaisir !
Trad. fr. Pierre Ménard

 

Marie-Sophie Silan
étudiante en Droit

Alan Bennett, La Reine des lectrices, folio, Gallimard, 2010

 

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